Le stade de la Porte de Clignancourt pourrait bien perdre l'un de ses enfants chéris. Kwesi Timsit, milieu de terrain formé à l'école de Championnet Sports dans le 18e arrondissement de Paris, est aujourd'hui au cœur d'une agitation médiatique qui dépasse largement les frontières du périphérique. Celui qui a fait toutes ses gammes sous la tunique bleue et rouge, des catégories débutantes jusqu'à l'équipe fanion, serait dans le viseur de plusieurs écuries australiennes. Selon nos informations, le profil du joueur aurait séduit des recruteurs de A-League ainsi que plusieurs formations de NPL, du côté de Melbourne et de Sydney.

Mais dans le monde du football amateur, le talent pur doit souvent composer avec une adversaire redoutable : l'administration. Avant de pouvoir imaginer fouler les pelouses de l'hémisphère sud, le milieu de terrain doit d'abord remporter son match contre la paperasse. Des soucis de renouvellement de documents et de régularisation de dossier obligent en effet le joueur à repasser par Madagascar dans les prochaines semaines. Un détour par la Grande Île qui, s'il est nécessaire pour la suite de sa carrière, vient considérablement complexifier le calendrier de ce transfert potentiel. Entre les tampons officiels, les photocopies conformes et les délais consulaires, le mercato de Timsit ressemble pour l'heure davantage à un parcours du combattant administratif qu'à une paisible croisière vers l'Océanie.

Du côté de Championnet Sports, l'ambiance est au mélange de fierté et d'appréhension. Voir un pur produit du centre de formation susciter un tel intérêt à l'autre bout du globe valide le travail réalisé par les éducateurs du club depuis des années. Toutefois, perdre une telle pièce maîtresse à ce moment de la saison représenterait un coup dur, tant sur le plan sportif que symbolique. Timsit incarne l'identité du club, cette résilience parisienne mêlée à une technique polie sur le bitume et les synthétiques de la capitale.

Pour ménager la chèvre et le chou, la direction du club envisagerait un montage particulier. Il serait question d'un départ sous la forme d'un prêt sans option d'achat. Cette solution permettrait au joueur de s'aguerrir dans un championnat professionnel ou semi-professionnel étranger, de découvrir une nouvelle culture footballistique, tout en gardant un lien contractuel fort avec sa maison mère. Une manière de dire que, si les sirènes australiennes chantent fort, le port d'attache reste le 18e. Le dossier reste ouvert et le dénouement dépendra autant de la vitesse des services administratifs que de la patience des recruteurs du bout du monde.