Pablo Rey, l'interview du départ : « Championnet, c'était plus qu'un club »
À une semaine de sa despedida, Pablo Rey se livre : Larko, Manu, Torvi, Lucas, Kiricocho, le titre raté de 4 points et le grand saut vers le Mexique.
Assis sur une chaise en bois, dans le couloir des vestiaires encore vide, Pablo Rey prend le temps. Dans une semaine, il fera sa despedida. Avant le pot, avant les discours, il a accepté de répondre, sans filtre.
Le Quotidien des Tribunes — Pablo, comment tu te sens à une semaine de ta despedida ?
Honnêtement ? Bizarre, che. Je m'étais préparé à ce moment depuis quelques semaines, mais là ça devient réel. Je vais ranger mon casier dimanche prochain, et je sais que ça va piquer.
Ton tout premier souvenir à Championnet, raconte-nous.
Ma première séance. Il pleuvait, il faisait froid, personne ne me connaissait. Le coach m'a juste dit « montre ce que tu sais faire ». J'ai mis vingt minutes à comprendre que je n'étais pas là pour un essai, mais pour rester.
Le titre vous échappe d'un cheveu cette saison. Comment tu le vis avec le recul ?
40 points ex æquo avec les Suisses, qui ont été bárbaros du début à la fin. C'est dur, ça te ronge un peu la nuit. Mais quand je regarde tout ce qu'on a construit cette saison, je ne peux pas être amer. On a fait une grande, grande saison.
La victoire contre Atletico Paris 13, tout le monde s'en souvient. Toi en premier ?
Cette victoire-là, elle restera. Histórica. On en parlera encore dans dix ans au bar du club. C'est ce genre de soirs qui te rappelle pourquoi tu fais ça.
Et cette série en rouge depuis janvier, comment tu l'expliques ?
Invaincus avec le maillot rouge. Imparable. Les gars y ont cru, le groupe s'est soudé. Je leur dois énormément.
Tu as aussi eu la D3 à gérer. On sait que ça a été un cauchemar pendant des mois. Comment vous avez redressé la barre ?
Uf, ne m'en parle pas. La D3, c'était mon autre dossier de l'année et franchement, ça a été un cauchemar pendant longtemps. On prenait l'eau partout. Heureusement qu'Ilan est arrivé — même s'il doit apprendre à la fermer un peu plus à l'entraînement (rires) — et qu'avec la bande à Olivier, on a réussi à recoller les morceaux très vite. Maintenir le club, ça a été ma plus grosse fierté de fin de saison, peut-être autant que la 1ère.
Parle-nous de Larko, justement, qui a animé pas mal de vestiaires.
¡Larko, hermano! Il a râlé toute la saison, ça je peux te le dire (rires). Mais contre Casta, il n'a pas pris de rouge — il faut le souligner. Bon, c'est aussi parce que je ne l'ai pas fait jouer ce jour-là. Petit secret de coach.
Manu a été décisif cette saison. Quel rôle il a joué pour toi ?
Manu m'a sauvé plus d'une fois. J'étais à la cave tactiquement, je ne savais plus quoi faire, et lui il te plantait un but. Et puis un autre. Et encore un. Un crack.
Avec Torvi, on a vu que tu as dû repenser ton système. Tu en as tiré quoi ?
Torvi, c'est mon casse-tête de l'année. Il fallait absolument l'intégrer mais mon 4-4-2 à plat faisait fureur, je ne voulais pas y toucher. Il m'a forcé à réfléchir, à bouger, à sortir de ma zone. Au final, ça m'a fait grandir comme coach. Gracias, Torvi.
Une anecdote sur Lucas avant de partir ?
(Sourire.) Lucas m'a posé un lapin pour une soirée. Ay, Lucas... Je ne dirai rien d'autre. Mais on en rigole maintenant.
Et le fameux Kiricocho, on en parle ?
Madre mía. Il a fallu que je le sorte 1000 fois. Mille. À chaque entraînement, il revenait, je le ressortais. C'est devenu un running gag du vestiaire.
Un mot pour Yann, le président qui t'a fait venir ?
Yann m'a fait confiance dès le premier jour, alors que personne ne me connaissait à Paris. Sans lui, rien de tout ça. Gracias, presidente.
Et le groupe dans tout ça ?
J'adore ce groupe. Vraiment. C'est ma deuxième famille. Mis pibes. Je vais les avoir dans la tête longtemps.
Comment tu te définirais, toi, Pablo Rey ?
Un argentin plein de passion. C'est tout. Je vis le foot avec mes tripes, je crie sur la ligne, je serre les mecs après les matchs. Así somos.
Et maintenant, quelle est la suite ?
Je m'envole pour le Mexique. Nouvelle aventure, nouveau projet. Heureusement que ma femme est là, parce que sinon… (il sourit). On part à deux, on construit à deux.
Un dernier mot ?
Merci. Merci au club, aux supporters, aux joueurs, au staff. Hasta siempre, Championnet. Vous êtes dans mon cœur. Et un jour, qui sait, je reviendrai dire bonjour avec un mate à la main.
Commentaires
(0)
Rejoins la discussion — parent, supporter, joueur, peu importe ton club.
Se connecter pour commenterAucun commentaire pour le moment.