Hommage Pépite D1 — Squad12 Médias

Éric Durand — le mur bleu de Bastia (qui restait parfois un peu trop sur sa ligne)

De Gueugnon à Furiani, le gardien bourguignon a fini 2e meilleur portier de D1 derrière Barthez. Solide, fidèle, courageux… et oui, parfois immobile face aux feuilles mortes de Ronnie.

Éric Durand
Éric Durand
15 juin 2026
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Éric Durand
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Un gardien bourguignon, une carrière de soldat

Né à Génelard en 1965, Éric Durand est tombé dans la cage tout petit : fils de gardien, frère de gardien, c'est presque génétique. Formé à l'AJ Auxerre, il est barré par deux clients : Joël Bats puis Bruno Martini. Pas grave. Il file au FC Gueugnon et y passe huit saisons à jouer le maintien en D2 — la vraie école de la vie, celle où on prend des frappes par -3°C devant 800 spectateurs.

En 1991, il emmène les Forgerons jusqu'en demi-finale de Coupe de France. Première carte de visite.

Martigues, puis Bastia : la consécration

  • 1992 — FC Martigues : il fait monter le club en D1 et l'y maintient. 165 matchs sous le maillot provençal.
  • 1997 — SC Bastia : la grande affaire de sa carrière. Dès sa première saison, il termine 2ᵉ meilleur gardien du championnat de France, juste derrière Fabien Barthez. À 32 ans. Pas mal pour un gars qu'on disait fini.
  • 2000 — quart de finale de Coupe de la Ligue à Gerland. Bastia élimine Lyon 1-0. Durand sort tout, plonge partout, et stoppe un penalty à la 123ᵉ minute. Un match référence.

Quatre saisons à Furiani, et il entre dans la mémoire des supporters bastiais comme l'un des plus grands gardiens de l'histoire du club.

La parenthèse rennaise et la reconversion

En 2001, le nouveau coach corse Robert Nouzaret lance Nicolas Penneteau. Durand part finir tranquillement à Rennes (28 matchs), raccroche en 2003, puis revient à Bastia comme entraîneur des gardiens dès 2004. Plus tard, retour au pays : Gueugnon, puis le FC Montceau Bourgogne. Toujours fidèle à ses racines.

Café des Sports — la petite légende

Soyons honnêtes : Éric Durand, ce n'était pas le gardien volant à la Schmeichel. Sa spécialité maison, c'était plutôt la posture statue : pieds rivés sur la ligne, regard noble, mains prêtes… et le ballon qui glisse parfois dans la lucarne pendant qu'on admire son maintien.

Les supporters se souviennent encore de quelques feuilles mortes, frappes enroulées et coups francs millimétrés — façon Ronaldinho — où Éric, fidèle à lui-même, a préféré suivre la trajectoire des yeux plutôt que de risquer un plongeon qui aurait froissé son maillot bleu. C'est presque devenu une marque de fabrique : « Durand reste sur sa ligne » — un running gag chez les amateurs du Sporting.

Mais c'est aussi ce qui le rend attachant. Un gardien qui assume, qui ne triche pas, qui sort 9 ballons sur 10 et qui, pour le 10ᵉ, hausse les épaules et repart chercher le ballon au fond comme un homme.

Pourquoi La Tribune l'honore aujourd'hui

Parce que les vrais portiers de l'ombre méritent leur statue. Parce qu'à une époque où les gardiens stars défilaient (Barthez, Lama, Letizi), Éric Durand a tenu Bastia debout pendant quatre ans avec ses arrêts décisifs et son sens du placement. Et parce qu'on aime les héros qui ont un défaut bien à eux — ça les rend humains.

À toi Éric, et à toutes les lignes de but que tu as si bien gardées. Sauf une ou deux, mais on ne va pas commencer à les compter.

Pépite D1Éric Durand
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