
Onze d'Or 2000-2005 0
OL 2000 : Juninho, Cris et le parfum de Gerland
Plongez dans les coulisses du vestiaire lyonnais, entre les coups francs magiques de Juninho et l'autorité de Cris à l'aube d'une domination historique.
### Le vestiaire de la soif
Souvenez-vous de cette odeur de camphre et de pelouse fraîche qui flottait sur Gerland au début des années 2000. Avant que la France ne devienne le jardin privé de l'Olympique Lyonnais, il y avait ce vestiaire, mélange détonnant de guerriers et d'artistes. Tout commence véritablement lors de la saison 2001-02, quand Grégory Coupet, dernier rempart infranchissable, et Sonny Anderson, le buteur élégant, ramènent le premier bouclier entre Rhône et Saône.
L'ambiance dans ce groupe était le secret le mieux gardé de la Ligue 1. Il y avait d'un côté la rigueur tactique, et de l'autre, cette insouciance portée par un jeune Sidney Govou. Mais le vrai tournant, c'est l'arrivée de Juninho Pernambucano. On raconte que lors des entraînements, le silence se faisait dès qu'il posait le ballon aux trente mètres. Ses coéquipiers, de Pegguy Luyindula à Eric Carrière, s'arrêtaient pour regarder la trajectoire flottante du cuir, cette fameuse « folha seca » qui allait faire trembler tous les filets de l'Hexagone.
Derrière, c'est le règne du « Policier ». Cris arrive avec cette autorité naturelle, verrouillant la défense aux côtés de cadres comme Sylvain Wiltord, revenu au pays après ses exploits londoniens. Dans le bus pour les déplacements, entre deux parties de cartes, le groupe soudé par Paul Le Guen forgeait cette mentalité de gagneur. On se souvient aussi de l'impact physique de Michael Essien, véritable moteur qui permettait à l'équipe de presser sans relâche.
À cette époque, la D1 changeait de dimension. On quittait les années de domination nantaise ou monégasque pour entrer dans l'ère de l'hégémonie rhodanienne. Ce n'était pas seulement du football, c'était une symphonie réglée par un chef d'orchestre brésilien et protégée par des soldats prêts à tout pour ce maillot frappé du lion. Chaque titre fêté sur la place Bellecour racontait la même histoire : celle d'une bande de copains devenue intouchable.
Vu dans Onze d'Or — l'âge d'or du foot français.
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